help me to forget

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# Posté le dimanche 04 janvier 2009 12:53

Modifié le vendredi 09 janvier 2009 18:59

Rencontre imprévue }

Rencontre imprévue }
Il glisse une main dans mon dos. Je gémis. Vraiment trop facile. Il hait ma faiblesse. Mais sois forte bordel. Sois forte, rien qu'une fois. Repousse-le, résiste-lui. Un peu au moins, rien qu'un peu. Mais non, comme d'habitude je ne le repousserais pas, comme il avait été incapable de repousser ma main, lorsqu'elle l'avait effleuré pour la première fois. Comme d'habitude, je me laisserais faire et en cherchant cet assouvissement qu'il sait m'apporter et que je sais lui apporter, je tenterais d'oublier cette dispute, comme les autres. Je tenterais d'oublier qu'il m'a fait du mal. Je tenterais d'oublier que je lui ai fais mal. Jusqu'à la prochaine fois, qui se déroulera de la même façon. A croire que le schéma de nos rencontres a été écrit il y a bien des siècles. Je réprime un frisson. De dégout. Il me dégoute.

Il avait cinq ans de plus que moi, des rêves de gloire aux creux des paumes et l'air de tout savoir. Du haut de mes seize ans, la seule chose que je semblais posséder c'était ce magnifique corps d'adolescente. Alors je lui offris tout. Mon âme. Mon désir. Mon semblant d'amour propre. J'étais comme une reine. La reine des putains. Il me couvrait de cadeaux le jour et ébauchait les courbes de mon corps le soir. Et je me sentais sale. Petite souillon.

Nos disputes étaient devenues si fréquentes, surtout depuis la perte de l'enfant. Je venais juste d'avoir dix-sept ans. C'était un combat à mort que nous nous livrions tous les soirs. C'était à qui aurait le dernier mot. Ce fut lui. Ce sentiment de victoire qu'il éprouvait se dissipa aussitôt. Il était seul. Et merde ! Il aurait du s'en douter. C'était toujours ainsi. A cause de lui. A cause de moi peut-être. A cause de ma faiblesse, de ma lâcheté qu'il haïssait. A cause de son caractère. De son orgueil qui me réclamait, moi toute entière.

Mais sa rage disparait également. Il ne reste plus que cendres et amertume. Ça aurait pu être une soirée parfaite. Il m'aurait embrassée, j'aurais gémis, et puis nous nous serions retrouvés je ne sais trop comment sur le lit. Sur son lit. Il m'aurait prise violemment. J'aurais hurlé. De douleur et de plaisir. Nous aurions joui. Il aurait été heureux. Mais non. Je suis arrivée et il m'a hait. Il a hait mon doux sourire. Il a hait mon bonheur niais dans ce monde déchiré par la haine. Il a hait mon bonheur face à son désespoir. Sa certitude d'avoir échoué. Alors il a frappé. Des mots, des mots qui blessent, des mots qui tuent. Il a réussi. Je dois chialer maintenant quelque part dans la maison. Tant pis pour moi.

Il a honte de lui. On dirait un gosse. Il laisse échapper un petit rire, qui se transforme bientôt en sanglot. Oh non ! Il ne doit pas pleurer. Il ne veut pas pleurer. Il devrait savoir depuis le temps que lorsque il me tue, c'est une partie de lui qu'il tue. A se demander comment il fait pour rester en vie. Son âme doit ressembler à du gruyère plus qu'autre chose. Oh mon dieu, quelle comparaison ridicule. Et voilà. Il rie. Il pleure. Il ne peut empêcher les larmes de couler le long de ses joues. Il y a des choses contre lesquelles toute volonté, aussi puissante soit-elle, ne peut rien. Il est dévasté. Demain il ira me voir. Demain il ira tout arranger. Pourquoi a-t-il fallu qu'il tombe amoureux de moi ? Et surtout, surtout comment diable en étions-nous arrivés la ?

# Posté le dimanche 10 août 2008 16:16

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 17:53